Nasser Soumi explore le paradigme de la géographie à travers la puissance évocatrice et symbolique de Jérusalem. Dans son imposante installation en bois "To Jerusalem" (2015), l’artiste joue avec le mouvement, à l’aide d’un train miniature télécommandé, posé sur un miroir sur lequel est inscrit «Beyrouth» d’un côté et «Jérusalem» de l’autre. Poétique et conceptuelle, cette œuvre évoque le trajet, désormais impossible, entre les deux capitales. L’artiste fait appel ici, à l’histoire du fameux chemin de fer du Hedjaz réalisé entre 1901 et 1908, qui reliait à l’époque, Damas à la Mecque, Jaffa à Jérusalem ou encore Gaza à Naplouse. Un temps bien révolu !

 

Dans le triptyque de peintures, Jérusalem, l’âme du lieu, fait de chaux, de cire de bois et de cendre, Soumi revisite un leitmotiv iconographique majeur : le Dôme du Rocher, objet de discorde entre Israël et la Palestine et capital symbolique fort dans la mémoire collective palestinienne.

 

En alliant nostalgie et optimisme, passé et présent, ce passionné d’histoire des civilisations crée sa propre utopie d’une Jérusalem sublimée et confère à son œuvre une dimension mystique. Son art qu’il qualifie d’« instinctif » repose pourtant sur un long processus de recherches ; il est nomade et universel.